PAC haute température : remplacer la chaudière sans toucher aux radiateurs
Outils, IA & innovation
111 %
Etas mini exigé en moyenne/haute température

Outils, IA & innovation

 · 4 min de lecture

PAC haute température : remplacer la chaudière sans toucher aux radiateurs

PAC haute température : garde les radiateurs de ton client. Etas minimum de 111 % (fiche BAR-TH-171), agrément des modèles depuis septembre 2026, ce qu'il faut vérifier.


Remplacer une chaudière gaz ou fioul par une pompe à chaleur sans casser tout le réseau de radiateurs, c’est possible. Mais pas avec n’importe quelle PAC. La solution s’appelle la pompe à chaleur air/eau « moyenne ou haute température ». Elle a ses atouts, ses règles CEE et ses limites. On fait le point.

C’est quoi ?

Une PAC air/eau capte les calories de l’air extérieur et chauffe l’eau du circuit de chauffage central. La différence entre les modèles se joue sur la température de l’eau qui part vers les émetteurs.

La fiche CEE BAR-TH-171 (les CEE, ce sont les certificats d’économies d’énergie qui financent une partie des travaux) fait la distinction :

  • basse température : la PAC délivre sa puissance avec une eau à 35 °C en sortie ;
  • moyenne ou haute température : l’eau sort à au moins 55 °C.

Les anciens radiateurs fonte ou acier ont été pensés pour une chaudière, avec une eau chaude. C’est là que la PAC moyenne ou haute température prend tout son sens : elle se branche sur le réseau existant.

À noter : pour les CEE, dès qu’il y a des radiateurs, le chantier est classé moyenne ou haute température. Même avec des radiateurs dits « basse température » à 45 °C, ou une solution mixte radiateurs plus plancher chauffant.

Combien ça coûte

Il n’existe pas de prix officiel de référence : tout dépend de la puissance, du modèle et du chantier. Ce qui est encadré, c’est l’aide.

La fiche BAR-TH-171 exige une efficacité énergétique saisonnière (l’Etas, calculée selon le règlement européen n° 813/2013) d’au moins 111 % en moyenne ou haute température, mesurée à 55 °C. En basse température, la barre est à 126 %.

Autre condition : le montant de CEE grimpe quand l’Etas atteint 140 % ou plus. Un bon modèle haute température rapporte donc plus à ton client.

Depuis le 1er septembre 2026, la bonification « Coup de pouce Chauffage » n’est accessible qu’aux PAC agréées par l’État. C’est l’arrêté du 29 mai 2026, publié au JO du 30 mai, accompagné du décret n° 2026-413. L’agrément repose sur une certification qualité par un organisme européen et un assemblage, total ou partiel, dans l’Espace économique européen. Un modèle hors liste génère toujours des CEE, mais sans bonification.

Pour quels chantiers

  • Le remplacement d’une chaudière gaz ou fioul dans une maison déjà équipée d’un chauffage central à eau.
  • Les logements où changer tous les radiateurs ou poser un plancher chauffant serait trop lourd ou trop cher pour le client.
  • Les installations qui produisent chauffage et eau chaude sanitaire : la fiche CEE les classe systématiquement en moyenne ou haute température, quel que soit l’émetteur.

Les limites

Plus l’eau doit être chaude, moins la PAC est performante. La réglementation elle-même le reconnaît : le seuil d’Etas exigé est plus bas en haute température (111 %) qu’en basse température (126 %).

Le dimensionnement ne s’improvise pas. Pour les CEE, une note de dimensionnement (déperditions, température extérieure de base, puissance nécessaire) doit être remise au client. Il faut aussi un régulateur de classe IV à VIII et une pose par une entreprise RGE (le label « reconnu garant de l’environnement » qui ouvre droit aux aides).

Enfin, le choix du modèle compte plus qu’avant : si la PAC n’est pas sur la liste des modèles agréés, ton client perd la bonification.

Ça change quoi pour toi ?

Pour un chauffagiste, c’est une réponse au client qui veut sortir du fioul ou du gaz sans gros travaux. Tu gardes le réseau, tu changes le générateur.

Mais ton devis doit tenir la route sur trois points : un Etas suffisant, un dimensionnement justifié par écrit et un modèle agréé si ton client compte sur le Coup de pouce. Une erreur sur l’un des trois, et c’est l’aide qui saute.

Et quand le logement est mal isolé, la question de l’isolation avant la PAC mérite d’être posée au client : moins de déperditions, c’est une eau moins chaude nécessaire et une PAC plus efficace.

Ce que tu fais maintenant

  • Vérifie que les modèles que tu poses figurent sur la liste des PAC agréées publiée par l’ADEME.
  • Contrôle l’Etas à 55 °C sur la fiche technique : 111 % minimum, 140 % pour le niveau d’aide supérieur.
  • Réalise une note de dimensionnement écrite pour chaque chantier et remets-la au client avant les travaux.
  • Relève le type de radiateurs et leur état lors de la visite technique, pour justifier le choix d’une PAC moyenne ou haute température.
  • Contrôle que ta qualification RGE couvre bien les pompes à chaleur.

Sources

Reçois l’actu BTP qui te fait gagner du temps et de l’argent : abonne-toi à la newsletter Batup Actu, et fais tourner à un collègue du chantier.

#Pompe à chaleur#Rénovation énergétique#CEE

Questions fréquentes

Peut-on garder ses radiateurs avec une pompe à chaleur ?

Oui, avec une PAC air/eau en application moyenne ou haute température, qui délivre sa puissance avec une eau d'au moins 55 °C. Pour les CEE, tout chantier sur radiateurs est classé dans cette catégorie, même avec des radiateurs dits basse température à 45 °C.

Quel Etas faut-il pour une PAC haute température en CEE ?

La fiche BAR-TH-171 exige un Etas d'au moins 111 % en application moyenne ou haute température, mesuré à 55 °C, contre 126 % en basse température. Une note de dimensionnement et un régulateur de classe IV à VIII sont aussi exigés.

Quelle PAC pour toucher le Coup de pouce chauffage en 2026 ?

Pour les opérations engagées depuis le 1er septembre 2026, la bonification CEE n'est accessible qu'aux modèles de PAC air/eau ou eau/eau agréés par l'État. L'ADEME publie la liste des modèles agréés.